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Après de nombreuses sessions dédiées au ciel profond, j’ai décidé de changer radicalement d’échelle. Le 29 décembre dernier, sous le ciel de l’Aveyron, j’ai eu le plaisir de pointer le “gros bébé” — mon Dobson SkyWatcher 400P — vers le point le plus brillant du ciel nocturne : Jupiter.

Cette soirée était particulière, car je n’étais pas seul derrière l’écran. J’ai eu la chance de partager ce moment avec quelques amis Salésiens. Entre deux captures, nous avons alterné entre l’œil à l’oculaire et l’acquisition vidéo, un moment d’échange précieux sur la beauté de notre cosmos.

Une géante gazeuse au cœur des Gémeaux

Actuellement située dans la constellation des Gémeaux, Jupiter domine nos nuits d’hiver. Avec un diamètre équatorial de près de 143 000 km, elle est la planète de tous les records. Composée essentiellement d’hydrogène et d’hélium, elle ne possède pas de surface solide. Ce que nous photographions, c’est la couche supérieure de son atmosphère tourmentée.

Jupiter Dobson400p ASI585MC


De l’oculaire à l’image finale : le choc des mondes

L’un des moments forts de cette soirée avec mes amis Salésiens a été la comparaison entre ce que l’on perçoit à l’œil nu derrière l’oculaire et le résultat après traitement.

À l’oculaire, même avec un diamètre de 400 mm, Jupiter est une bille lumineuse qui semble danser à cause de la turbulence. On devine les bandes principales, on entrevoit un satellite, mais l’image reste fugitive. J’espère que cette immersion “en direct” a été appréciable pour eux ; c’est une expérience brute que l’on n’oublie pas.

Cependant, l’astrophotographie permet de briser cette barrière atmosphérique. Grâce à la technique du Lucky Imaging, nous avons pu extraire la substantifique moelle de ces vidéos :

  • AutoStakkert! : Pour trier les milliers d’images et ne garder que les 10% les plus nettes, celles qui sont passées “entre les mailles” de la turbulence.
  • WinJUPOS : Un outil indispensable pour compenser la rotation ultra-rapide de Jupiter (moins de 10h !) et additionner plusieurs vidéos sans flou.
  • Astrosurface : Pour le traitement final par ondelettes, qui révèle les détails des tempêtes et des festons nuageux.

Données techniques et conditions de prise de vue

Faire du planétaire au Dobson 400 mm est un combat permanent. Ce soir-là, le Jetstream pointait à 14 m/s, avec un seeing évalué à 7/10.

Jupiter 2025 12 29

Paramètre Valeur
Objet Jupiter (Gémeaux)
Lieu Aveyron, France
Date 29/12/2025 (21h13 à 23h14)
Matériel Dobson 400P + Barlow 5x + ADC ZWO + ASI585MC
Logiciels FireCapture, AutoStakkert, WinJUPOS, Astrosurface

Mon ressenti : La transmission avant tout

Pour un “débutant” en planétaire, je suis particulièrement fier de ce résultat. Mais au-delà de l’image, c’est le partage avec mes amis Salésiens que je retiendrai. Les images finales leur permettent désormais de juger de la puissance des outils numériques modernes face à la vision humaine. On ne remplace pas l’émotion du direct, mais la technique nous permet d’immortaliser ce que l’œil ne peut que deviner.

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