2026-10-13 0

Après la Chauve-souris (LDN43) et la Girafe (LDN1295), mon safari cosmique continue ! Cette fois-ci, je me suis attaqué à l’une des “bêtes” les plus emblématiques et les plus difficiles du ciel d’automne : LDN1235, mondialement connue sous le nom de Nébuleuse du Requin (Shark Nebula).

Il suffit d’un seul coup d’œil pour comprendre pourquoi ce nuage a hérité de ce surnom. La ressemblance est absolument frappante : on y distingue parfaitement le museau pointu, les nageoires pectorales et la grande queue du prédateur glissant silencieusement devant un océan d’étoiles.

LDN1235 Shark Nebula Requin Nébuleuse

Carte d’identité scientifique : Un nuage qui ne brille pas (LDN1235)

Situé dans la constellation de Céphée à environ 650 années-lumière de notre système solaire, ce gigantesque requin mesure près de 15 années-lumière de long de la tête à la queue.

Sur le plan astrophysique, LDN1235 est classée comme une Nébuleuse Obscure (Dark Nebula). Contrairement aux nébuleuses classiques qui sont illuminées de l’intérieur par des gaz chauffés à blanc, le Requin n’émet strictement aucune lumière par lui-même.

Il s’agit d’un énorme nuage moléculaire composé de gaz froid et de poussières très denses. Si on arrive à voir sa forme, c’est uniquement par un phénomène de silhouette : la poussière est si épaisse qu’elle bloque la lumière de l’arrière-plan étoilé de la Voie Lactée. Les contours du requin sont donc littéralement dessinés par ce qu’ils cachent !

Le petit détail bleuté : vdB 149 & 150

Si vous regardez bien au niveau de la tête et du “cou” du requin, vous remarquerez des zones légèrement bleutées. Ce sont les nébuleuses par réflexion vdB 149 et vdB 150. À cet endroit précis, la poussière est éclairée par quelques jeunes étoiles chaudes situées à proximité, agissant comme des lampadaires cosmiques dissipant légèrement les ténèbres.

Les données de prise de vue : L’importance du filtre “Clear”

Photographier des nébuleuses obscures est l’exercice le plus difficile en astrophotographie. Ici, pas de filtres “magiques” comme le L-eXtreme ! Les filtres à bande étroite effaceraient totalement les subtiles nuances brunes et bleutées de la poussière.

Pour capter le Requin, il faut donc imager sans aucun filtre (en large bande, “Clear”), ce qui expose le capteur à la moindre pollution lumineuse. Il faut donc un ciel très noir. J’ai profité d’excellentes nuits en Aveyron pour engranger 104 poses de 300 secondes, soit très exactement 8 heures et 40 minutes d’intégration totale. Grâce à la grande ouverture de mon télescope (F/3.4), ce temps de pose a permis d’obtenir un rapport signal/bruit (SNR) assez généreux pour révéler les plus faibles extensions de la bête au traitement.

Mon Setup Ciel Profond

Et vous, quelle est votre bestiole cosmique préférée pour le moment ? Dites-le-moi en commentaire !

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